Cette page rassemble un certain nombre de textes qui, s'ils ne sont pas "tradis" au sens propre du terme, n'en méritent pas moins de figurer sur un site de la Spéciale...  TU SERAS UN HOMME, MON FILS | Si tu peux voir détruit L'ouvrage de ta vie Et sans dire un seul mot Te mettre à rebâtir, Ou perdre en un seul coup Le gain de cent parties Sans un geste et sans un soupir ;
Si tu peux être amant Sans être fou d'amour, Si tu peux être fort Sans cesser d'être tendre Et, te sentant haï, Sans haïr à ton tour Pourtant lutter et te défendre ;
Si tu peux supporter D'entendre tes paroles Travesties par des gueux Pour exciter des sots, Et d'entendre mentir Sur toi leurs bouches folles Sans mentir toi-même d'un mot ;
Si tu peux rester digne En étant populaire, Si tu peux rester peuple En conseillant les Rois Et si tu peux aimer Tous tes amis en frères Sans qu'aucun d'eux soit tout pour toi ;
Si tu sais méditer, Observer et connaître, Sans jamais devenir sceptique Ou destructeur, Rêver mais sans laisser Ton rêve être ton maître, Penser sans n'être qu'un penseur ;
Si tu peux être dur Sans jamais être en rage, Si tu peux être brave Et jamais imprudent, Si tu peux être bon, Si tu sais être sage Sans être moral ni pédant ;
Si tu peux rencontrer Triomphe après défaite, Et recevoir ces deux menteurs D'un même front, Si tu peux conserver Ton courage et ta tête Quand tous les autres les perdront ;
Alors les Rois, les Dieux, La chance et la Victoire Seront à tout jamais Tes esclaves soumis Et, ce qui vaut bien mieux Que les Rois et la Gloire, TU SERAS UN HOMME, MON FILS
Kipling
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| |  EN CASOAR ET EN GANTS BLANCS | Salut les Saint-Cyriens ! Au vent de la tempête Arborez fièrement comme aux grands jours de fête, Sur vos shakos si bleus le caso rouge et blanc Salut à votre ardeur ! Salut à vos vingt ans !
Oui vous avez juré un soir plein d'espérance De redonner un jour notre Alsace à la France, Et qu'au premier assaut, vous iriez en gants blancs Avec votre "panache" ainsi flottant au vent !
Et vous êtes partis dans la pleine lumière Avides, impatients de brandir l'arme claire Vous désignant ainsi à leur feu meurtrier Vous les petits Cyrards... Mais vous les officiers !
Vous nous avez donné une page d'histoire. Que de sang répandu pour payer cette gloire ! Les casos rouges et blancs, les casos de Saint-Cyr Sont tout pourpres à présent du sang de ces martyrs.
Ecrit par Madame Laurens, veuve du général d'aviation, à la mémoire des Saint-Cyriens de 1914.
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| |  SOUVIENS-TOI CHEF | Si tu ralentis, ils s'arrêtent, Si tu faiblis, ils flanchent, Si tu t'assieds, ils se couchent, Si tu doutes, ils désespèrent, Si tu critiques, ils démolissent, Si tu marches devant, ils te dépasseront, Si tu donnes la main, ils donneront leur peau, Si tu pries... alors ils seront des saints.
Michel Menu
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| |  LE PANACHE | Ayez une âme, on en réclame. De mornes jeunes gens aux grimaces de vieux, Se sont, après un temps de veulerie infâme, Aperçus que n'avoir pas d'âme, c'est horriblement ennuyeux.
Balayer cet ennui, ce sera votre tâche, Empanachez-vous donc, ne soyez pas émus Si la blague moderne, avec son rire lâche, Vient vous dire que le Panache A cette heure n'existe plus.
Il est vrai qu'il va mal avec notre costume, Que devant la laideur des chapeaux londoniens, Le Panache indigné s'est enfui dans la brume, En lamissant sa dernière plume Au Casoar des Saint-Cyriens !
Il a fui ! Mais malgré les rires pleins de bave, Qui de toute beauté furent les assassins, Le Panache est toujours pour les yeux clairs et braves Aussi distinct au front des braves Que l'auréole au front des Saints !
On peut faire sonner le talon des aïeux, Même sur des trottoirs modernes et paisibles, Et les éperons invisibles Sont ceux-là qui tintent le mieux !
Monsieur de Bergerac est mort, je le regrette. Ceux qui l'imiteraient seraient originaux. C'est la grâce aujourd'hui qu'à tous je vous souhaite : Soyez de petits Cyrano.
Edmond Rostand
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| |  LA VICTOIRE | Cyrards de tous les temps tombés pour la Patrie, Elle est fière de vous, Celle que l'on prie ; Vous la connaissez bien, et ses voiles vermeil Sont venus resplendir souvent sous nos soleils Et parfumer notre air : on l'appelle "Victoire". Chez nous elle est plus vieille encore que l'histoire. La main du vieux Turenne et celle de Villars Se posèrent jadis sur ses cheveux épars, Le Grand Roi les roula sur ses phalanges souples. Bonaparte à son gré les fit frises en boucles. Plus tard, à Reischhoffen, quand notre cuirassier Dans les balles ruait sa poitrine d'acier, Ils flambaient au galop, et parmi la bourrasque En guise de cimetière au sommet de son casque. O toi qui sans compter, dans toutes nos promos, Pour ce temple a cueilli ta moisson de héros, Toi qu'on sentait passer sur les Champs Elysées Et sur l'Arc de Triomphe aux piles pavoisées, Ce quatorze juillet, lorsque trois Maréchaux Conduisaient dans Paris des milliers de drapeaux, Déesse aux cheveux d'or, ô sublime inconnue, Qui comme rendez-vous assigne la nue, Que de noms merveilleux sur ces drapeaux fanés, Dont t'avaient revêtue autrefois nos aînés. Si nos Morts ont rendu, dans la dernière guerre, Ta robe aux trois couleurs plus belle que naguère, Leurs Cadets à Saint-Cyr rêveront aux grands mots Que ta main brodera sur les nouveaux drapeaux.
Jean des Vallières (1913-1914)
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| |  LES TROIS EPAULETTES DU SAINT-CYRIEN | La première est simple et modeste Sa couleur frappe les yeux C'est tout le souvenir qu'il reste De la galette de nos aïeux.
La deuxième gaiement scintille Dans les salons étincelants Aux cheveux d'une jeune fille Elle mêle ses reflets brillants
La troisième tombe frappée Devant les rangs de nos soldats C'est l'épaulette respectée Nourrie par le feu des combats.
Elève-officier Herdinger Promotion Nice et Savoie (1859-1861)
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| |  ETRE JEUNE | La jeunesse n'est pas une période de la vie, elle est un état, un effet de la volonté, une qualité de l'imagination, une intensité émotive, une victoire du courage sur la timidité, du goût de l'aventure sur l'amour du confort.
On ne devient pas vieux pour avoir vécu un certain nombre d'années : on devient vieux parce qu'on a déserté son idéal. Les années rident la peau, renoncer à son idéal ride l'âme. Les préoccupations, les doutes, les craintes et les désespoirs sont les ennemis qui, lentement, nous font pencher vers la terre et devenir poussière avant la mort.
Jeune est celui qui s'étonne, qui s'émerveille. Il demande comme l'enfant insatiable : "Et après ?". Il défie les évènements et trouve de la joie au jeu de la vie.
Vous êtes aussi jeune que votre foi. Aussi vieux que votre doute. Aussi jeune que votre confiance en vous-même. Aussi jeune que votre espoir. Aussi vieux que votre abattement.
Vous resterez jeune tant que vous resterez réceptif. Réceptif à ce qui est beau, bon et grand. Réceptif aux messages de la nature, de l'homme et de l'infini.
Si un jour votre coeur allait être mordu par le pessimisme et rongé par le cynisme, puisse Dieu avoir pitié de votre âme de vieillard.
Samuel ULLMAN (1870)
Commentaire Ce texte est un extrait d'une poésie en prose. Le Général Douglas Mac ARTHUR, grand admirateur de l'oeuvre de Samuel ULLMAN, l'a traduit en français et fait connaître en France à la fin de la Deuxième guerre mondiale. Le général, en tant que commandant des forces alliées, avait affiché ce texte dans son bureau à Tokyo et citait très souvent des extraits de ce texte dans ses discours, ce qui peut d'ailleurs expliquer l'engouement des Japonais pour Samuel ULLMAN...
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| |  HOMMAGE A NOS EPOUSES | Bien que ce texte ne soit pas véritablement de tradition, j'ai estimé qu'il avait sa place ici, pour sa beauté, sa simplicité. J'espère que vous prendrez plaisir à (re)découvrir ce texte, dont je ne connais pas l'auteur.
Le Bon Dieu était en train de créer un modèle de femme de militaire et en était à son sixième jour de travail supplémentaire, quand un ange apparut. Il dit : "Seigneur, il semble que vous avez là beaucoup de soucis. Qu'est-ce qui ne va pas avec ce modèle ?" Le Seigneur répondit : "Avez-vous vu les instructions concernant cette commande ? Cette femme doit être totalement indépendante, posséder les qualités à la fois du père et de la mère, être une parfaite hôtesse pour quatre invités comme pour quarante, et ce avec une heure de préavis, parer à toute urgence sans manuel, être capable de poursuivre ses activités allègrement même si elle est enceinte et grippée, vouloir bien déménager dans un nouvel endroit dix fois en dix-sept ans, et surtout avoir quatre bras." L'ange secoua la tête : "Quatre bras ! Impossible !" Le Seigneur poursuivit : "Ne vous en faites pas, nous ferons d'autres femmes de militaires pour l'aider. Et nous la doterons d'un coeur énorme pour qu'il puisse se gonfler de fierté au récit des exploits de son mari, supporter la douleur des séparations, continuer à se battre régulièrement quand elle est débordée ou fatiguée, et assez grand pour dire "je comprends" même si elle ne comprend pas et dire "je t'aime" sans réserve." "Seigneur" dit l'ange en lui touchant le bras doucement, "allez vous coucher et prenez un peu de repos, vous pourrez terminer demain." "Je ne peux pas m'arrêter maintenant" dit le Seigneur, "Je suis si près de réussir à créer quelque chose d'unique. Déjà ce type de femme se guérit toute seule quand elle est malade, peut héberger six invités imprévus pour le week-end, dire au revoir à son mari sur un quai, sur une piste ou dans une gare, et comprendre pourquoi il est important qu'il parte." L'ange fit le tour du modèle, du modèle de femme de militaire, l'examina de près et soupira : "Elle a l'air bien, mais elle semble fragile." "Elle a l'air peut-être fragile", répliqua le Seigneur, "mais elle possède la force du lion ! Vous n'imaginez pas tout ce qu'elle est capable d'endurer." Finalement l'ange se pencha et fit glisser son doigt sur la joue de la création de Dieu. "Il y a une fuite", annonça-t-il, "et je ne suis pas surpris qu'il y ait une fissure, vous essayez d'en mettre tant dans ce modèle !" Le Seigneur parut offensé par le manque de confiance de l'ange : "Ce que vous voyez là n'est pas une fuite, mais une larme." "Une larme ! Pourquoi donc ?" demanda l'ange. Le Seigneur répondit : "C'est pour la joie, la tristesse, la douleur, la déception, la solitude, la fierté, et c'est une dédicace à toutes les valeurs auxquelles son mari et elle-même sont attachés." "Vous êtes un génie !" s'exclama l'ange. Le Seigneur parut embarrassé : "Ce n'est pas moi qui l'ait mise là" dit-il...
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