TEXTES TRADIS

LA GALETTE

Noble galette que ton nom
Soit immortel dans notre histoire
Qu'il soit annobli par la gloire
D'une vaillante promotion.
Et si dans l'avenir
Ton nom vient à paraître
On y joindra peut-être
Notre grand souvenir !
On dira qu'à Saint-Cyr
Où tu parus si belle
La Promotion nouvelle
Vient pour t'ensevelir

Toi qui toujours dans nos malheurs
Fus une compagne assidue
Toi qu'hélas, nous avons perdue !
Reçois le tribut de nos pleurs.
Nous ferons un cercueil
Où sera déposée
Ta dépouille sacrée
Nous porterons ton deuil,
Et si quelqu'un de nous
Vient à s'offrir en gage
L'Officier en hommage
Fléchira le genou !

Amis il faut nous réunir
Autour de la Galette Sainte
Et qu'à jamais dans cette enceinte
Règne son noble souvenir !
Que son nom tout puissant
S'il vient un jour d'alarme
A cinq-cents frères d'armes
Serve de ralliement
Qu'au jour de la conquête
A défaut d'étendard
Nous ayons la Galette
Pour fixer nos regards.

Soit que le souffle du malheur
Sur notre tête se déchaîne
Soit que sur la terre africaine
Nous allions périr pour l'honneur !
Soit qu'un ciel plus pur
Reluise sur nos têtes
Et que loin des tempêtes
Nos jours soient tous d'azur
Oui tu seras encor,
O Galette sacrée
La mère vénérée
De l'épaulette d'or !

(Chant du Triomphe de la Promotion d'ISLY -1843/1845- écrit par l'élève Léon BOUISSET (1824 - 1900) sur l'air de la "Marche des puritains" tirée de l'opéra de BELLINI). Cet hymne est devenu le chant traditionnel de SAINT-CYR.
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LE PEKIN DE BAHUT

Trois Saint-Cyriens sont sortis de l'Enfer
Un soir par la fenêtre
Et l'on dit que Monsieur Lucifer
N'en est plus le maître !
La sentinelle qui les gardait,
En les voyant paraître,
Par trois fois s'écria :
Halte-là !
Qui va là ?
Qui vive ?
Et les trois bougres ont répondu :
Ce sont trois Saint-Cyriens, qui sont pékins de bahut !

REFRAIN
Oh ! Pékin de bahut,
Viens nous t'attendons tous,
Nous leur ferons tant de chahut
Qu'à la pompe
Ils en seront fo...us !

Un soir dans une turne immense
Six-cents martyrs étaient assis
Les uns disaient : Ah ! Quelle chance,
Dans six mois nous serons partis.
Les autres d'un air lamentable,
Contemplant leurs anciens avachis,
Disaient : Dans six mois pauvres diables,
Comme eux, nous serons abrutis

Oh ! Vous qui dans l'espoir de Cyr
Pâlissez sur de noirs bouquins,
Puissiez-vous ne jamais réussir
C'est le voeu de vos grands anciens.
Si vous connaissiez les horreurs
De la Pompe et du Bataillon
Vous préféreriez les douceurs
De la vie que les Pékins ont.
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LES FINES

Il est d'un usage constant
Qu'en tout pays et en tout temps
Il soit sur terre de bons enfants
Que l'on débine
On les appelle de noms d'oiseaux
De j'm'en foutistes, de rigolos,
Mais à Saint-Cyr pour eux, repos !
Ce sont les Fines.

Pourquoi les appelle-t-on ainsi ?
Nul encore ne l'a jamais dit
C'est qu'avec eux tout se finit,
Tout se termine.
Insoucieux de leur destin
Toujours joyeux et pleins d'entrain
Ils pompent seulement le Pékin
Ce sont les Fines.

S'ils ont des calots bahutés
Ce n'est pas par méchanceté
Ni pour braver l'autorité
Qui les taquine
Mais c'est qu'à tire-larigot
Qu'ils sortent ou qu'ils aillent au cachot
Ils font toujours de même, "calot !"
Ce sont les Fines.

Si leur tunique n'a pas de cornard
Ils disent que ça viendra plus tard
Ils font quand même de bons Cyrards
Que l'on estime,
On les attend impatiemment
Car voyant Paris moins souvent,
Ils ont plus d'nerfs et plus d'argent
Ce sont les Fines.

S'ils terminent la liste du classement
C'est qu'à Saint-Cyr pendant deux ans
A boire la pompe éperdument
Nul ne s'échine
Mais allez dans les salles de jeu
Où, sur les marbres glorieux
Parmi tant de noms valeureux
Y a bien des Fines.
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LA GLOIRE

Voulant voir si l'Ecole était bien digne d'elle,
La Gloire un jour, du ciel descendit à Saint-Cyr.
On l'y connaissait bien, ce fut avec plaisir
Que les Saint-Cyriens reçurent l'Immortelle
Elle les trouva forts ; ils la trouvèrent belle.
Après trois jours de fête, avant de repartir,
La Gloire, voulant laisser à tous un souvenir
Fixa sur leurs shakos des plumes de son aile.
Ils portèrent longtemps ce plumier radieux...
Mais un soir de combat, près de fermer les yeux,
Un Saint-Cyrien mourant le mit sur sa blessure
Afin de lui donner le baptême du sang.
Et depuis nous portons, simple et noble parure,
Sur notre shako bleu, le plumet rouge et blanc.

(Ecrit par l'élève ROLLIN de la promotion du Sud-Oranais, 1902-1904)
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LA PHRASE

Officiers très bahutés de la non moins bahutée promo... en ce jour d'hui... de l'an de grâce... le vent soufflant toujours du Grand Carré ainsi que les nombreuses directives du chef de bataillon directeur des services militaires de l'Infanterie et du reste, le Poireau étant toujours aussi vert mais n'étant pas aussi tanant, la Chichi dirigeant toujours l'ensemble des services y compris celui du Capitaine Bull, les officiers étant toujours aussi bahutés et les bazars aussi ridicules que grotesques, ce dont je suis d'ailleurs le plus parfait exemple, le capitaine... étant de service, le lieutenant... étant de garde, l'Officier Kléber galopant toujours sur son piédestal, le Cavalier Marceau chaussant son étrier à l'envers, le Coquillard étant toujours sans sous-pieds, le 240 étant toujours à sa place, le 120 aussi long, le 155 aussi court, le 75 aussi rapide, le képi toujours aussi municipal, les chaussettes au fixe, les godillots au cran de l'abattu, j'ai le grand, très grand, suprême honneur de vous rendre compte de ce que il ne reste plus que... jours avant que ne luise à vos yeux éblouis, émerveillés, transfigurés, l'aurore resplendissante du PDB. Qu'on se le dise, virgule ; qu'on se le redise, point et virgule ; qu'on se le fourre, deux points : dans la tête, un point, c'est tout.
Textes tradis

LE MENU

A table Messieurs les Officiers !
Vos gueules Messieurs ! - Le cornard sur la ligne. Voici le menu en date du ... de l'an de grâce ... à ... h

Le ... est à ...
...

Bon appétit Messieurs les Officiers ! (Bon appétit vil troupeau). Foutez-vous en plein la gueule. Que la première bouchée vous régale, que la dernière vous étouffe et ce , dans l'ordre hiérarchique inverse, afin de faciliter, par là, le jeu normal de l'avancement dans l'armée française, ce dont je serai d'ailleurs le dernier (et ô combien indigne) bénéficiaire.

Les Officiers répondent : "Mort à ce cochon de popotier, et qu'il en crève !"
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HOMMAGE A LA FILLE

Le jour où l'on vous fit
On fit tout ce que j'aime.
Le jour où l'on vous fit
On fit la beauté même.
Souffrez que je vous fis
Ce que l'on fit
Le jour où l'on vous fit.
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LES CASOS

Quand les Cyrards quittant l'Ecole
A Paris débarquent gaiement
Les casos frisés par le vent
Se répandent en bandes folles.
Ils flottent, ils flottent gentiment
Les casoars rouges et blancs.

Ils font l'objet des rêveries
Des mamans berçant leur bébé
Les potaches à l'air blasé
Leur jettent des regards d'envie.
Ils fuient rapides et légers
Comme des rêves ébauchés.

Ils vont là où le coeur les mène
Au nid d'amour pour s'y griser
De caresses et de baisers
Dont ils sont privés en semaine.
Ils frôlent des minois charmants
Les casoars rouges et blancs.

Mais quand là-bas à la frontière
Le canon les a appelés
Ils vont combattre en rangs serrés
Pas un ne regarde en arrière.
Ils sont les premiers à l'assaut
Les valeureux petits casos.

Rouges et blancs, ils sont l'emblème
Des amours noyés dans le sang,
L'adieu que le Cyrard mourant
Fait porter à celle qu'il aime.
Ceux-là font couler bien des pleurs
Qui sont tombés au champ d'honneur.

Tantôt les caresses des femmes,
Tantôt les balles et les boulets,
Aimer, mourir, c'est leur métier
De servir la France et les dames.
Voilà ce que disent en mourant
Les casoars rouges et blancs.

Paroles de J.B. CLEMENT
des "Marie-Louise" (1911-1914)
Mort au Champ d'honneur.

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LES COMMANDEMENTS DE L'ANCIEN

Lundi tes bottes cireras
Et tes godillots mêmement.
Mardi tu astiqueras
Ton fourniment proprement.

Le mercredi tu noirciras
Ton bahut vide entièrement.

Le jeudi tu fourbiras
Tes gibernes soigneusement.

Les vendredis démonteras
Ton fusil complètement.

Le samedi tu nettoieras
Le reste du fourniment.

Le dimanche tu brilleras
Comme une étoile au firmament.

Sinon ton dîner mangeras
Aux frais du gouvernement.
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LES COMMANDEMENTS DU BAZAR

(version coëtquidanaise...)

Lundi, le parquet briqueras
Pour revue de casernement.

Mardi matin camoufleras
Ton treillis artistiquement.

Mercredi soir fréquenteras
Le foyer plus assidûment.

Jeudi midi circonscriras
La Cour Wagram équestrement.

Vendredi crapahuteras
Sur les bords de l'Aff, errement.

Samedi l'arme exposeras
Dégraissée très complètement.

Dimanche, bien souvent feras
Ton cahier militairement.

Et ton dîner voraceras
Aux dépens du gouvernement.
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